Les grands groupes industriels ont senti que les paris et les casinos en ligne constituent des sources de bénéfices. Selon des statistiques fiables, le milieu peut faire bénéficier à un pays la somme de 8 milliards d'euros par an, les joueurs ayant déjà empoché leurs gains. Aujourd'hui, la Grande-Bretagne gagne 4 milliards d'euros, l'Italie 3 milliards d'euros et l'Espagne 1,2 milliard d'euros. Dès 2010, on estime pour la France des bénéfices allant de 2 milliards d'euros à 3,4 milliards d'euros. Des études ont permis d'affirmer que les paris illégaux des français sur les Internationaux de Roland Garros montent jusqu'à 280 millions d'euros et ceux sur le poker en ligne à 350 millions d'euros. Tout cela représente des avantages considérables pouvant faire pencher la balance économique en cette période de crise internationale.
Les promoteurs déjà licenciés
En Union Européenne, plusieurs casinos ont déjà leurs licences de jeux : Alderney Gambling Control Commission, Gibraltar Regulatory Authority, Lotteries and Gaming Authority Malte, UK Gambling Commission et Kahnawake. Ce sont tous des promoteurs de jeux en ligne, mais qu'en est-il de la situation des paris sur terrain en Europe de l'ouest notamment en Islande, Suède, Norvège, Finlande, Estonie, Lettonie, Lituanie, Royaume-Uni, Allemagne, Luxembourg, Italie, Espagne, Portugal et jusqu'en Macédoine ? 20 pays possèdent des casinos, 4 pays organisent des paris mutuels, quelques-uns se sont lancés dans les courses de chevaux et de chiens et les machines à sous foisonnent partout. Rien qu'en Allemagne, il existe 126 casinos et 200 casinos en Grande-Bretagne. Ces renseignements ont été fournis par la section World Casino Directory du magasine West European Casinos and Gaming Guide. Voici quelques exemples de casinos en ligne licenciés de l'île de Malte en 2007 : Casino Spin Palace, Ruby Fortune Casino et Mummys Gold Casino, licence LGA/CL1/376/2007, Crazy Vegas Casino LGA/ CL4/266/2007, Roxy Palace Casino et Casino Splendido, licence LGA/CL1/364/2007.
La gestation de la loi sur les casinos en ligne en France
Jusqu'à ce jour, seuls le Pari Mutuel Urbain (PMU) et la Française des Jeux (FDJ) sont autorisés à organiser des paris sur Internet sur le territoire français. Le marché fait gagner à l'état la coquette somme de 1,170 milliard d'euros par an. L'existence de nombreux paris illicites a incité la Commission Européenne à pousser la France à ouvrir son marché de casino en ligne sous forme légale. Aussi, un projet de loi a été présenté aux législateurs le 5 mars 2009. L'application effective est comptée pour le 1er janvier 2010, mais en attendant plusieurs questions restent sans réponse et laisse perplexe quant à l'ouverture du marché. Le projet de loi prévoit un taux de retour aux joueurs à 85% alors qu'en général il est à 90%, et l'état compte s'accaparer des 5%. Faisant suite à cette considération, les joueurs peuvent craindre une augmentation des taxes. De plus, le Contrôle de Transactions Financières pense mettre en place ce qu'il appelle « le serveur miroir », un système permettant de suivre de près toutes les évolutions financières de tous les participants.
En ce qui concerne la protection des mineurs, on compte mettre en place la carte d'identité électronique, ce qui peut être une bonne chose. Et pour que le marché français soit fiable, les armes contre l'illégalité doivent être efficaces et pas trop contraignantes pour les intéressés. Quoi qu'il en soit, l'Association européenne des jeux et des paris (Egba), regroupant tous les opérateurs de l'Europe, souhaite que l'obtention des licences en France fasse l'objet d'une facilité maximum et qu'un allègement de la fiscalité soit définie pour l'intérêt de tous. Arjel, l'Autorité de Régulation des Jeux en Ligne chargée de la délivrance future des licences, a encore du pain sur la planche. Mais, que les intéressés se réjouissent déjà, cette autorité a tracé le cahier des charges, il n'y a plus qu'à attendre la sortie de la loi.
La Suisse et la Belgique, et le marché des casinos en ligne
Des statistiques fiables ont montré qu'une projection de 100 millions de francs suisse, brassés dans le milieu des jeux en ligne, peut faire gagner au pays un bénéfice net de 26 millions de francs suisse. Le gouvernement helvétique, conscient de l'existence de ce pactole pouvant assurément avoir des retombées positives sur l'économie, n'a pas inquiété les joueurs se connectant sur les sites en dehors de son territoire. D'ailleurs, il pense régulariser cette situation en faisant sortir une loi d'octroi de licence suisse mais à nombre limité. La concurrence sera déloyale parce que les joueurs suisses seront cantonnés dans leur pays. Demain n'est pas encore la veille, des étapes restent à franchir.
En ce qui concerne la Belgique, l'article 49 du Traité de la Communauté Européenne impose aux pays membres la « libre prestation de service » au sein de l'Union Européenne. Ce qui signifie que se connecter au départ de la Belgique sur les sites légaux d'un autre pays ne doit pas être interdit, si de plus le pays est membre de l'U.E. Le respect de cet article a mis sur la sellette la Belgique qui a pensé nationaliser ses casinos en ligne et bloquer ses joueurs chez eux. Du coup, la Commission européenne a rejeté le projet de loi le 29 juin 2009 et a sommé le pays d'en présenter un nouveau plus convenable. Le 8 juin, un projet similaire de celui de la France a été aussi rejeté. Ces rejets prouvent bien que des conflits d'intérêt restent en suspens et des problèmes et sont encore à résoudre quant à la grande ouverture du marché des casinos en ligne en Europe.
